Le jury du concours Tonneinquais de poésie a délibéré
Après délibération, les neuf membres du jury du concours de poésie organisé par l'association Si Tonneins... Citoyens en partenariat avec la Mairie de Tonneins dans le cadre de la 25ème édition du Printemps des Poètes, a récompensé trois poèmes parmi les 26 reçus :
- Les mots, de Marie Jo D,
- Ailleurs pas de frontières, de Jean Paul TROPAMER,
- L'impossible poème, de Claudie D.
Vous pouvez d'ores et déjà prendre connaissance de ces poèmes ci-dessous.
Les 3 Poèmes
LES MOTS
Les mots prennent des ailes à la plume des poètes
Ils traversent les murs, effacent les frontières
Déclamés sur les places ou cueillis dans un souffle,
Gravés avec les ongles sur les murs d’un cachot
Tracés à la chandelle aux parois de Lascaux
Ils sont passe-murailles pour les incarcérés
Ailes de papillon pour les paralysés.
Dans l’espace et le temps, les langues les transportent
Dits, rien ne les arrête, ils font fi de la mort
Portés par les poètes, d’un continent à l’autre,
Qu’ils chantent les ancêtres ou inventent un futur
Les mots brisent les chaînes au nez des dictatures
En signes ou en paroles formés d‘images et sons,
Libres de toute norme, dégagés de tout lien
Jaillissant en tout lieu, leur source est souterraine
Quand le sens nous échappe, traverse la raison
Tout un monde inconnu surgit du plus profond
Le verbe prend des ailes à la plume des poètes
Il traverse les murs, efface les frontières
Marie Jo D
AILLEURS PAS DE FRONTIÈRES
Ailleurs pas de frontières, le ciel est toujours clair.
Le soleil à toute heure inonde le paysage,
Et sa lumière ardente descend comme un éclair,
Sur les corps de beautés dégrafant leur corsage.
Même les gens d'ailleurs sont doux et apaisants.
Ils échangent des regards où se lit la tendresse,
S'effleurent de la main, affables et complaisants,
Et la quiétude est reine autant que l'allégresse.
Si je vivais ailleurs, j'ignorerais le temps.
Ma vie se rythmerait lentement nuit et jour,
Aux notes mélodieuses d'une valse à trois temps,
Ou des cris des oiseaux me lançant leur bonjour.
C'est sûr, j'irai ailleurs, dès que je serai libre,
Retrouver un Eden que j'ai connu jadis,
Celui où je suis né, celui où un félibre,
M'a appris tous les vers , que souvent je redis.
Mais au coeur de la nuit, c'est sans doute un rêve,
Qui m'a enveloppé pour la rendre assouvie,
M'accordant pieusement une sorte de trêve,
Sur le chemin montant, qui jalonne ma vie.
Jean Paul TROPAMER
L'IMPOSSIBLE POÈME
C'est le printemps
La mort a fait semblant
Revoilà le vivant
Survivant, re-revivant
Le poème enchanté
Fleurettes et tralala
Gazouillis réveillés
Fini le grand coma
De l'hiver la frontière
On aimerait …
Le sol a séché
Le mil a fané
L'homme a trimé
La femme l'a accompagné
Le ciel les a trahis
Il les a affamés
Alors ils sont partis
Vaillamment décidés
A se réinventer
Au-delà des frontières
On aimerait...
Ils ont marché
Ils ont payé
Ils ont nagé
Ils se sont noyés
Trop de courants
La mort n'a pas fait semblant
C'était la vaste mer
Qui rime avec cimetière
Qui flirte avec frontière
.....................
C'est le printemps
Trop éphémère instant
La sève de nos rêves
Au soleil qui se lève
En trompeuse prière
Mêlons nos mains
Essayons l'utopie
De l'Eden d'hier
Pour que re-vive demain
Enfin digne enfin fier
Le fraternel humain
Abattons les frontières
On aimerait …
Claudie D
Les autres poèmes du concours seront diffusés deux par deux à partir du mois de mai, dans le respect des modalités d'anonymat souhaités par chaque auteur.
Rappel : Ce concours organisé annuellement est ouvert à toutes et tous les amateur(e)s de poésie souhaitant soumettre leurs écrits à un jury de bénévoles réunis par leur intérêt commun pour la poésie. La forme du poème est à la libre inspiration des auteurs, seul un lien avec le thème de l'année est exigé, « Frontière » en l'occurence pour l'année 2023.
